Cet article va tenter de vous expliquer comment j'ai failli rencontrer Robert Pattinson. Pour ceux que ça n'intéresse vraiment, mais alors vraiment pas, eh bien vous trouverez tous les chapitres
et tous les outtakes ici.
J'aurais pu mettre en titre "Looking for Rob" en hommage au film "Looking for Eric" de Ken Loach en compétition au festival de Cannes cette année. Ou bien "Because we cannes cannes cannes",
référence à la chanson du film Moulin Rouge. Mais non, j'ai déjà trouvé ma chute, donc bon.
Je pense qu'il est important de restituer le défi aussi. Je voulais tenter de filmer/prendre en photo Robert Pattinson sortant de son hôtel ou montant les marches. Pari difficile en soi, quand on
sait l'effervescence que chacune de ses apparitions provoque sur la gente féminine, et les mouvements de foule qui en résultent. Mais je suis comme ça, je l'ai fait pour vous les chtarbés, et au
nom du jusqu'au-boutisme et du Carpe Diemisme (car on ne peut pas vivre avec des regrets, c'est trop dur à porter).
Donc mardi soir, c'est malade que je fais un plan de bataille pour m'assurer de le croiser. Malade oui, un premier obstacle, et pas des moindres. Dans mon esprit, si je me pointais assez tôt à
Cannes mercredi matin (jour de repos des lycéens et collégiens : deuxième obstacle ; vieille de jour férié : troisième obstacle), je le cueillerais à la sortie de son hôtel. C'était sans
compter sur mon quatrième obstacle, une visite médicale impromptue à 9h45 à l'autre bout de la Côte d'Azur. Donc bon, pas défaitiste pour un sou, je pars me faire examiner armée de ma caméra, mon
short, mes lunettes, de la crème solaire, mon appareil photo perdu de vue, et jamais retrouvé depuis, m'enfin...
Passons sur les détails, je me suis paumée comme jamais de ma vie, j'suis arrivée à Cannes à 11h. Et quand je dis Cannes, c'est pour faire genre, parce que Cannes est zone militaire pendant le
festival, personne ne peut circuler. Donc je me suis garée à pépélouette-les-bains, presque à Cannes-la-Bocca. Je sors, évidemment, j'étais au bord du malaise déjà. Faim, soif, énervée, je me
fous en short. Un Red Bull, une bouteille d'eau, un hot dog, et de la crème solaire plus tard, je pars en direction du Palais des Festivals.
Alors pour bien comprendre ce que je me suis tapé à marcher je vous ai fait un plan sommaire :
1) Là où est ma voiture
2) Le Majestic
3) Le Martinez
C'est important pour la suite attention : entre le 1 et le 3 = 4km.
Les trucs bizarres en bas ce sont les vagues qui représentent la mer. Le truc rond, c'est le Palais des festivals avec les marches à droite, à gauche le port, et le truc noir, la Croisette.
En bonne journaliste que je suis, je me suis dit, je vais leur faire une photo générale de Cannes histoire qu'ils situent. Je suis monté au point culminant, par 3000 degrés. J'ai monté les
marches quoi, mais pas celles du Palais, non les marches du Suquet ; si quelqu'un a regardé le 2ème épisode de Pékin Express 2009, quand ils montent les 853 marches, bah je l'ai ressenti comme
ça. Donc arrivée en haut. Je vous présente Cannes ! Désolée pour la qualité de la photo, mais c'était une caméra, donc bon...
Là, je me suis promenée sur la Croisette histoire de prendre un peu la température. Je passe devant les hôtels, voir ce qu'il se passe, devant les plateaux télés. Il est 12h, les gens sont déjà
enchaînés devant les marches (qui elles, sont désertes).
Je me rends donc jusqu'au point 3. L'hôtel Martinez où logent toutes les superstars. Juste en face se trouve le plateau du grand journal. Je reste une heure et demie sur place le temps
d'apercevoir Pedro Almodovar, Vahina Giocante, Christian Karembeu, James Blunt, Thierry Ardisson, Xavier de Secret Story, et mon premier coup de soleil. Je retourne en marchant jusqu'au Palais
pour longer la Croisette. Je suis l'équipe du Petit Journal de Yann Barthès (si si), ils m'ont même filmée, en arrière plan, mais j'ai pas eu le courage de dire une connerie. J'étais trop
déshydratée. Je retourne au Martinez dans l'espoir de voir les stars rentrer après leur déjeuner.
Sur le coup de 16h (entretemps j'ai tourné, je me suis sustentée en sushis sur la plage, parce que franchement je n'en pouvais plus) j'étais vraiment très mal. Limite au bord du malaise.
J'appelle ma copine qui doit me rejoindre pour lui dire que je ne tiens plus (oui j'ai failli abandonner les filles) que je rentre parce que je suis trop mal, j'ai les pieds limite en sang avec
mes chaussures du merde, j'ai plus un coup de soleil, là j'suis carrément brûlée au second degré lol. Bon évidemment je me suis fait démonter "ouais t'es vraiment trop nulle, moi j'me déplace
exprès, franchement gnagnagna". Donc je décide de retourner à ma voiture me remettre la crème prendre un codoliprane, me reposer le dos une petite demi-heure avant de repartir. De là, je retourne
(faites le calcul on est à 15 bornes là), au Martinez. Flippée, en retard, balisant sur les fans qui allaient faire le sitting devant l'hôtel, je me mets à courir. C'est là que je me suis arrêtée
au McDo vous demander en wifi sur mon iPod Touch de m'envoyer par SMS l'hôtel où logeait Rob (merci Sophie). Le temps d'avoir la réponse, j'ai sprinté (oui oui, je sais pas comment j'ai fait par
contre, le trou noir) jusqu'au Martinez, je joue des coudes pour voir quelque chose, là, texto il est au Majestic.
Je me suis tapé toute la croisette blindée de mon monde en courant comme une dératée, je me suis vue mourir. Arrivée là-bas, blindé bien sûr de monde, ma copine arrive avec sa caméra pro. Ca ça
impose le respect direct. On voit tout le monde s'affoler. Il est 17h45. A 1h15 de la montée des marches. On commence à se rencarder pour savoir par où Rob et Brad vont sortir. On décide de se
poster devant, et par la sortie de derrière.
Certaines de ne pas le louper, en communication via téléphone, j'suis au taquet à l'arrière, avec tous les cuistots qui prennent leur pause, et 3 gamines qui sont aussi venues voir Robert.
Pendant une heure, j'étais persuadée qu'il allait sortir par derrière, je ne pouvais pas le louper, on était toutes seules. Tout le monde pensait qu'il logeait au Martinez. Franchement j'aurais
même pu avoir un autographe et une photo. Bon j'avais pas de papier et pas d'appareil, mais bon sur le principe.
Pendant cette heure-là, je me suis bouffé tous les ongles, j'ai tellement serré la caméra, que j'avais de l'électricité dans les doigts, c'était horrible. Franchement j'ai rarement vécu un moment
de stress aussi intense et aussi condensé. Ma copine devant m'appelle, "Viens, y'a machin qui sort, je l'ai vu, et aussi untel" et moi "Non je reste derrière, je suis sûre qu'il sort par là".
Parce que Pitt était sorti par là en scooter une année. Bref. 19h passées, je sens qu'on s'est fait eu. J'appelle ma mère qui regarde Canal Plus pour savoir si elle le voit sur le tapis rouge
"Comment il s'appelle ? Parkinson ? Mais il ressemble à quoi ?" Là j'ai limite hurlé sur ma mère au téléphone "Mais il est grand, brun, poilu, il a de gros sourcils, et des cheveux en bataille,
presque comme une crête" - "Ah bah oui il est là". Eh putaaaaaaaaain.
Sprint autour du batîment. Et là, le drame. Je me suis fait happer par une foule. J'ai jamais vu ça. Là aussi je me suis vue mourir franchement. Bon, je le vois sur l'écran. J'suis à 50 mètres de
lui, mais je le vois sur une putain de télé.
Je risque ma vie pour finir mon tour de batîment, et retrouver ma copine à l'entrée. Là, on se regarde, on comprend que le seul moyen, c'est de draguer les vigiles et les flics pour savoir à
quelle heure il reviennent, s'ils sont bien là, à quelle soirée ils vont. La seule info qu'on a c'est qu'en fait ils logent tous (Rob compris) dans un hôtel à Juan-les-pins, qu'ils devaient
repasser par le Majestic s'habiller, mais qu'ils ne sont jamais revenus pour griller tout le monde. Arghhhhhh.
J'étais tellement frustrée, j'ai dit à ma copine "Rien à foutre, on l'attend à la descente des marches, je l'aurai."
Un pote paparazzi nous dit où ils seront en soirée après. Est-ce que j'ai une robe de soirée dans ma voiture avec des talons hauts pour passer inaperçue et me faufiler ? Evidemment non (un
obstacle de plus, j'ai perdu le compte.)
On repart jusqu'à la voiture (si si), le ventre tiraillé par la faim en plus. Pour faire tomber les shorts et mettre des pantalons, la nuit s'annonçait longue.
On revient aux marches pile à 21h45 pour la descente. C'était déjà blindé, mais bon. Au bout d'une demi-heure, ils sortent. Là, ma copine tient la caméra à bout de bras (franchement c'est hyper
dur, tentez de porter un truc lourd les bras tendus, on tient pas 3 minutes), pendant que je fais tous les réglages. On a eu Brad Pitt, Angelina, Quentin Tarantino trop bien, et toute l'équipe de
"Inglorious Bastards" qui est sortie sur une musique trop flippante. Là, une fois qu'ils sont tous partis, la musique se prolongue, un truc à la Godzilla, vraiment, on s'attendait à un attentat
quoi. Ca renforcait vachement la notion de suspens. Pendant un quart d'heure on est tous restés là à attendre que d'autres personnes sortent. Ils étaient pas 10 dans ce foutu cinéma quand
même.
Et ben non, ce fourbe de Rob n'est jamais sorti. On se met à sprinter jusqu'à la sortie de derrière (ce qui est trop bon quand on a une caméra et qu'on se met à courir, c'est que ça panique
vachement les gens, parce que ça veut dire qu'il se passe vraiment quelque chose). Comme de bien évidemment, et de bien entendu, et de ça aurait vraiment été trop beau, c'était une zone réservée,
et il fallait un badge. Là au loin on voit les flashs qui crépitent et une voiture vitres teintées qui nous passe sous le nez. Et une autre, et une autre. Il est dans l'une d'elles. Après coup,
je pense que j'aurais dû me jeter sous les roues, mais la caméra coûtait trop cher. Donc, bon, de là, on se met à courir jusqu'au point 2, de nouveau (là franchement on en pouvait plus du tout du
tout) car c'est là qu'ils allaient. La moitié de la Côte d'Azur avait l'info arrivée sur place, c'était plus que blindé, rien à foutre, je prends la cam, je me fous à bout de bras en faisant mes
réglages, je voyais rien sauf dans mon viseur, j'ai tout fait à l'aveugle. Je réussis à choper Brad Pitt et Angie, Diane Kruger et mon chouchou de Pacey (Joshua Jackson). Les gens derrière moi
voyaient rien, ils regardaient tous dans mon viseur.
Là, en planque avec les paparazzis, on attend qu'ils sortent. Il est 1h du matin. Rob n'est pas là, il a dû repartir à Juan-les-pins depuis belle lurette, lui qui adore se terrer dans ses
chambres d'hôtels. J'suis dégoutée au cube, il m'a eue trois fois cette enflure.
Résultat des courses j'suis arrivée à 2h30 chez moi, j'ai failli mourir en me prenant une Ferrari sur l'autoroute. Et je vous raconte pas ma gueule ce matin en arrivant au boulot.
- J'suis rouge comme un saucisson corse.
- J'ai mal partout, mais surtout aux pieds.
- J'peux pas rire, ça me fait mal au visage.
- J'l'aime encore moins qu'avant ce fourbe.
- Moi qui voulais être au Martinez, voir les stars et le Grand Journal de Canal, j'ai tout loupé.
- J'ai même pas envie d'aller faire un sitting à l'aéroport pour le voir repartir.
- J'ressemble à Archimède dans Merlin L'enchanteur, j'ai la marque des lunettes.
Conclusion : mon titre était faux, ce serait plutôt "No we Cannes not"
PS : Contrairement à ce que cet article laisse penser, je ne suis pas une "fan" de Robert Pattinson. Si j'ai fait tout ca, c'est parce que j'aime tenir mes promesses, et celle-là
je l'avais faite aux chtarbés.
Je le trouve beau, mais sans plus, il fait un bon Edward, mais ils auraient pu en trouver un meilleur, il n'est pas du tout mon genre, et en plus je n'aime pas trop la relation qu'il a avec ses
fans. Je préfère de loin nle comportement de Peter Facinelli. D'ailleurs si Robert était un peu plus comme lui j'aurais pu l'apercevoir.
Voici d'ailleurs un extrait d'une interview réalisée par la magazine Tekinikart, qui montre bien la psychologie du zigoto (après je comprends que ca doit être exténuant d'avoir une nuée de
grognasses qui nous pourchassent en permanence, mais bon, y'a un minimum) :
"J'étais en train de déjeuner sur la plage du Carlton lorsque 700 personnes se sont agglutinées à l'entrée du restaurant de la plage. C'était marrant, en quelque sorte... Je me suis fait
porter par trois gardes du corps jusqu'à une voiture garée devant. Ils me portaient, littéralement, je ne touchais plus le sol. C'était vraiment très, très bizarre !"
"Tout est devenu plus intense depuis six mois et la sortie de Twilight. C'est difficile de gérer ce qui m'arrive. Je n'ai pas le recul nécessaire, ne serait-ce que pour trouver une
parade à tout ça. Mais ce truc de célébrité, il ne faut pas le combattre, ça ne sert à rien, vous ne pouvez pas y échapper. Quand ce n'est pas quelque chose que vous avez poursuivi toute votre
vie, que ce n'est pas quelque chose à quoi vous aspirez, vous êtes libre d'en avoir rien à foutre. Je n'ai pas signé chez Disney. Aucune clause ne m'oblige à sourire aux photographes".
"Ici, pour l'instant, ça se passe moyen. J'aimerais pouvoir faire des trucs. Je ne fais rien. Je déteste qu'on me prenne en photo. Mais j'aime bien l'hôtel... C'est l'hôtel du Cap. C'est
comme un job, j'ai des déjeuners. Je quitte les restaurants en hors-bord, comme James Bond, ça c'est cool. Je vais quand même trouver le temps d'aller voir le Tarantino. Mais je pressens que la
montée des marches va me gâcher ce plaisir-là aussi. Je déteste ça d'avance".
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